Une enfant

Jusqu’à sa mort (à 25 ans !), Gemma est demeurée une enfant ; une enfant avide d’affection, franche et spontanée. De l’enfant, elle avait tous les petits défauts : un peu capricieuse, un peu coléreuse, un peu bavarde … Coquette aussi, et enjôleuse (avec son père, il lui suffisait de pleurer pour obtenir ce qu’elle désirait ; car toute petite déjà elle avait compris qu’il ne résistait pas à l’appel de ses grands yeux clairs pleins de larmes …).

Tout au long de sa vie, elle a eu le langage d’une enfant.  » Je suis sans papa, sans maman, et sans aucun soutien … « , écrivait-elle à son confesseur, ajoutant :  » Jésus m’a laissée seule « .

Elle appelait son directeur spirituel  » papa  » ; et la Vierge Marie était  » sa maman « .

Gemma eut une relation tout à fait privilégiée, et hors du commun, avec son ange gardien (v. chap. 3 du livre  » L’ange, gardien d’un ange « ). Il lui apparaissait  » vraiment « , sous une forme corporelle ; mais elle ne le percevait pas comme un homme. Il arrivait toujours au bon moment pour la protéger, la consoler, parfois aussi pour la réprimander. Elle le craignait :  » il me grondait et me criait dessus  » écrivait-elle. Phénomène sans doute unique, empruntant la forme d’un oiseau, l’ange prenait le courrier de Gemma (dans une boîte fermée à clé) et déposait les lettres sur le rebord de la fenêtre du lieu où résidait le P. Germano. Lors des extases de Gemma durant la messe du matin, l’ange agissait sur les gens autour de la jeune fille, afin de détourner d’elle leur attention et d’éviter ainsi les commentaires des curieux.

Ainsi Gemma eut-elle tout loisir, avec son ange gardien, de rester une petite fille …

Un autre  » jeune homme  » est venu durant plusieurs années, et jusqu’à sa mort, habiter la vie de Gemma : saint Gabriel de l’Addolorata (saint passioniste, patron de la jeunesse catholique italienne, mort très jeune, à 24 ans, en 1862).

Mais là, avec st Gabriel, tout comme avec Jésus, l’enfant Gemma devient femme !

Devant Gabriel, Gemma était  » béate  » ; elle l’admirait et elle l’aimait. Il y avait entre eux une relation très forte : Gabriel était en quelque sorte  » le jeune homme de ses rêves « . Et lorsqu’il ne pouvait pas venir lui rendre visite (parce qu’elle n’avait pas été sage !), il lui en coûtait beaucoup. Mais comme toujours, elle offrait à Jésus ce sacrifice de son cœur.

Avec Jésus, le grand amour de toute sa vie, elle avait les gestes d’une femme et d’une amoureuse. Elle aimait par-dessus tout être embrassée et caressée par le Christ ; elle voulait  » lui ressembler « . C’était comme une séduction réciproque. Jésus, Lui, apprenait à Gemma à Le consoler. Il se montrait aussi tendre que parfois sévère, l’Epoux divin formant l’épouse !

Peu à peu, Jésus dompte le cœur de Gemma, et le façonne jusqu’à en faire une création nouvelle. Et Gemma devient une femme offerte et abandonnée à Jésus son Epoux céleste.

Au fil des ans, l’enfant et la femme entrent dans la pauvreté :
. Pauvreté matérielle : la famille perd toute sa fortune ; Gemma devient une  » sans logis  »
. Pauvreté affective : sa mère meurt lorsqu’elle est une enfant ; puis Gino, son frère chéri, et enfin son père, lorsqu’elle a 18 ans
. Pauvreté  » choisie  » : Gemma renonce à tout ce qui fait sa féminité ; elle revêt un habit de pauvreté extrême (v. chapitre suivant), qu’elle exhibe avec ostentation.

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